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Programme Manières d'habiter la Terre
Du : mardi 10 novembre 2026 • Au : mardi 8 décembre 2026

Programme Manières d'habiter la Terre

Le programme Manières d'habiter la Terre, ensemble de projections et de rencontres conçues par Jean-Michel Frodon, critique de cinéma et professeur associé à Sciences Po, et Grégory Quenet, historien de l’environnement, en collaboration avec le Collège des Bernardins, revient pour sa cinquième édition au Nouvel Odéon autour de la thématique : Puissances fluviales.

Le programme propose des films qui déplacent nos perceptions et nos réceptions, à l’écoute d’autres cosmogonies et d’autres imaginaires.
Chaque projection est suivie d’une rencontre avec un(e) interlocuteur/trice qui aide à approfondir la singularité des apports du film proposé.

Nos manières d’habiter la terre engendrent tous les effets résumés sous l’appellation d’anthropocène – dont le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité, mais aussi des modes de vie fondés sur l’extraction illimitée des ressources et le consumérisme. 

À ces processus correspondent des manières de représenter et de raconter, héritées de la Renaissance et de l’entrée de l’Europe dans l’ère dite moderne. En phase avec la domination politique et économique de l’Occident, ces manières de représenter, de raconter et de filmer se sont ensuite étendues au monde entier. Cinq siècles de récits et d’images sous toutes leurs formes ont engendré une évidence de ces modes de représentation du monde, comme s’ils étaient les seuls possibles.

Les historiens des civilisations non-occidentales et les anthropologues nous ont pourtant aidé à repérer de multiples autres modalités de représentations. Celles-ci offrent des ressources indispensables pour « dénaturaliser » nos perceptions, nos manières de voir, de sentir, de comprendre héritées de la modernité. « Dénaturaliser » n’implique pas nécessairement renier, mais réinterroger de façon critique ce qui semblait aller de soi.

Le cinéma, invention occidentale issue de l’ère moderne et de l’industrialisation, a évidemment d’abord été un puissant vecteur de transmission des rapports au monde que Philippe Descola a défini comme « naturalistes », et sur quoi s’est fondée la grande séparation entre nature et culture. Il l’est toujours. Mais progressivement, et en particulier à mesure que des cinéastes issus d’autres cultures se sont emparés des outils de la réalisation, sont apparues d’autres manières de voir, d’écouter, de conter, d’autres articulations entre espace et temps, entre humains et non-humains, entre visible et invisible.

PROGRAMME
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